La Trilogie de L'Ange (Astor Piazzolla)

Référence : 699 790-2

Musique Baroque Latino-Américaine

Description :

La Trilogie de l’Ange d’Astor Piazzolla figure parmi ses compositions les plus populaires. Elle fut composée en regard d’une autre série à la fois semblable et opposée : la Trilogie du Diable, cette dernière, plus difficile, n’ayant pas connu la même notoriété.

En 1955, après ses études à Paris, Piazzolla était retourné en Argentine et avait fondé son Octeto Buenos Aires. Il subissait de sévères critiques chaque fois qu’il s’écartait de la tradition, et on fustigeait même sa préférence pour jouer du bandonéon debout et non assis. C’est pendant cette période « pionnière » qu’il composa le Tango del Angel.

Entre 1958 et 1960, il vécut aux États-Unis et tenta d’élaborer, sans trop y croire, un style « jazz-tango ». Il retourna ensuite en Argentine où il fonda le premier de ses quintets. Il commença alors à trouver une certaine reconnaissance mais, assez étrangement, davantage en province ou en Uruguay qu’à Buenos Aires.

 

C’est à ce moment que l’écrivain Alberto Rodriguez Muñoz demanda à Piazzolla une musique d’accompagnement pour l’une de ses pièces de théâtre : Le tango de l’ange. La pièce fut jouée en 1962. Elle raconte l’histoire d’un ange qui apparaît dans un immeuble de Buenos Aires pour purifier l’âme de ses habitants. Pour cette pièce, Piazzolla composa Introducción al Angel (qui ne figurera pas dans la future Trilogie), Milonga del Angel et Muerte del Angel.

 

Milonga del Angel est une pièce douce et sentimentale. La milonga est la musique préfiguratrice du tango, avec des rythmes similaires mais plus légers. Cette milonga est l’une des plus jolies mélodies de Piazzolla.

 

Muerte del Angel offre un saisissant exemple de la manière dont Piazzolla repousse les limites du tango traditionnel. C’est une fugue à trois voix, soutenue par une ligne de basse propulsive. L’ange est attaqué et bien qu’il se défende, il est tué lors d’un combat au couteau. Les rythmes et les accords sont durs, sans compromis, le morceau lui-même est exaltant.

 

Même la partie la plus hostile du public argentin dut admettre que cette musique convenait parfaitement à l’action de la pièce, la Milonga et la Muerte y gagnèrent une popularité inattendue. (L’introduction est aujourd’hui beaucoup moins jouée et connue).

 

En 1965, pour créer une Suite de concert avec un dénouement heureux, Piazzolla ajouta à ces deux pièces une nouvelle composition intitulée Resurrección del Angel. Dans ce morceau séduisant, un thème très joyeux, voltigeant, alterne avec des développements du thème de la milonga originelle représentant l’ange.

 

 

Les trois dernières pièces sont interprétées par Richard Galliano, dont deux composées par Richard Galliano lui-même : Aurore et Aria.

 

Ma rencontre avec Astor Piazzolla

 

« Ma rencontre avec Astor Piazzolla a bouleversé ma vie. Une de ces rencontres sources avec un artiste qui fut, non un mentor comme il serait un peu facile de le dire, mais une voix, une voie et un exemple. Certaines de ses paroles résonnent encore en moi, profondément. À mes débuts, il m’avait dit : « Ton personnage d’accordéoniste de jazz est trop américain. Ce n’est pas bon du tout. Découvre tes racines françaises. Il faut que tu crées « une new musette » comme moi-même j’ai créé le « tango nuevo ». En 1986, il m’a désigné comme premier bandonéon dans le quintet qui accompagnait « Le Songe d’une nuit d’été », mis en scène par Jorge Lavelli à la Comédie-Française. J’étais le seul français dans cet ensemble de musiciens argentins. Impressionnant ! Inoubliable ! 

 

Depuis, Astor n’a cessé de m’accompagner, artistiquement et spirituellement, tout au long de ma carrière. À l’époque de l’enregistrement de mon album « Solo » (1992), j’ai mis toute mon énergie et tout mon amour pour réaliser cet « hommage à un homme mourant » (Astor se trouvait alors dans un coma profond à Buenos Aires depuis près de deux longues années), comme pour le remercier de m’avoir donné espoir, force et confiance en moi.

 

La musique d’Astor Piazzolla est universelle, intemporelle, sincère et profondément humaine. »

 

– Richard Galliano


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